L’interprétation de Jésus-Christ est théologique, à la fois, théologie de l’incarnation et théologie du mystère pascal, de la kénose à la rédemption. Il est Dieu venu d’une manière si intensive et intime à la rencontre de l’homme, en lui assurant la victoire de la vie sur la mort. En tant que tel, il est le sujet intégral de la théologie. La pensée de saint Bonaventure qui se résume dans la formule «par le Christ au Père » est à la fois un théocentrisme et un christocentrisme. Ainsi, la connaissance et toute l’activité de l’homme se réduit à n’être qu’un itinéraire vers celui qui révèle le Père. Ce qui donne naturellement à l’homme de pénétrer dans le mystère divin de la Sainte Trinité[2] révélée en Jésus-Christ.

            Sans doute, Jésus-Christ est-il devenu, dans la perspective de la mystique africaine, le centre de réintégration et le lieu prioritaire d’interprétation théologique axée essentiellement sur la totalité de son être, de sa passion et de sa glorification. Cela prend également concrètement le sens de l’identification de l’homme noir avec lui, le mystérieux Christ du centre. A ce titre, la théologie de la mystique africaine se révèle être une «intelligence de la foi… des orientations (= sens) nouvelles qu’elle offre à la quête humaine ».[3] Il est maintenant clair et évident que l’on sait vers où il faudra orienter la quête de la promotion humaine et vers où se dévoile l’identification de la mystique africaine comme une mystique chrétienne. Ce qui exige incontestablement le changement de contenu et de lieu de la mystique africaine.

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